Les différentes formes

Les différentes formes

Plus de 80 gènes impliqués !

La maladie de Charcot-Marie-Tooth est une maladie génétique héréditaire (il existe toutefois aussi des cas sporadiques, dits de novo). Ces anomalies génétiques conduisent généralement à un déficit ou à une altération d’une protéine impliquée dans le fonctionnement des nerfs périphériques.
Il en résulte une atteinte de la gaine de myéline qui entoure les axones du nerf (formes démyélinisantes ou « dysmyélinisantes ») ou de l’axone lui- même (formes axonales).
La gaine de myéline est produite par les cellules de Schwann, cellules indispensables à la survie et à la maturation des cellules nerveuses, les neurones.

Il existe plusieurs types de CMT, qui se différencient selon l’anomalie géné- tique en cause, la partie des nerfs affectée et le mode de transmission. Elles sont classées selon trois critères :

- la nature de l’atteinte du nerf périphérique déterminée d’après les vitesses de conduction nerveuse à l’électroneuromyogramme (ENMG) :

Axonale avec une vitesse de conduction nerveuse normale ou légèrement ralentie, supérieure à 40 m/s ; c’est surtout l’intensité (l’amplitude) de l’influx nerveux qui est diminuée).

Démyélinisante avec une vitesse de conduction nerveuse ralentie, inférieure à 35 m/s.

Intermédiaire ou Mixte avec une vitesse de conduction nerveuse intermédiaire entre 25m/s et 45m/s.

- le mode de transmission génétique : autosomique dominant, autosomique récessif ou lié à l’X :

• En cas de CMT à transmission autosomique dominante, la personne atteinte a 1 risque sur 2 de transmettre la maladie à ses enfants.

• En cas de CMT à transmission autosomique récessive, la personne atteinte transmet toujours à ses enfants l’anomalie génétique dont elle est porteuse, mais aucun d’entre eux ne sera malade du moment que le partenaire ne présente pas d’anomalie dans le même gène.

• En cas de CMT à transmission liée au chromosome X, qui est un chromosome sexuel, une femme atteinte a 1 risque sur 2 de transmettre la maladie à ses enfants, qu’ils soient filles ou garçons, tandis qu’un homme atteint ne la transmettra qu’à ses filles. En outre, les filles sont susceptibles d’être atteintes de façon moins sévère que les garçons.

- l’anomalie génique qui induit la maladie (plus de 80 gènes en cause sont actuellement identifiés) :
▪ Les deux premiers critères permettent de distinguer 6 grands types de CMT : CMT1, CMT2, CMT4, CMTX, DI-CMT et RI-CMT (historiquement, l’appellation CMT3 a été utilisée, mais a aujourd’hui disparu).

▪ Ces 6 grands types sont divisés en sous-types (1A, 1B, 1C..., 2A, 2B...). Chacun de ces sous-types correspond à une anomalie génétique touchant la fabrication d’une protéine.

La forme la plus fréquente est la CMT1A. Elle est liée à la duplication d’un gène appelé PMP22, anomalie entraînant une altération de la myéline au niveau des nerfs périphériques, dont le retentissement sur l’axone augmente au fil des années. La maladie se transmet sur le mode autosomique dominant. Les autres CMT les plus fréquentes sont la CMTX1, la CMT2A et la CMT1B.

La Tomacula ou Neuropathie Héréditaire avec Hypersensibilité à la Pression

Une autre maladie proche de la CMT est appelée Tomacula ou Neuropathie Héréditaire avec Hypersensibilité à la Pression. Après compression d’un nerf, ces malades développent une neuropathie qui peut durer plusieurs mois. La récupération est, ensuite, très souvent complète.

La neuropathie tomaculaire fait partie des neuropathies sensitivo-motrices héréditaires mais ne peut pas être classée parmi les maladies de Charcot-Marie-Tooth. Malgré tout elle est "cousine" des CMT1A , car c’est la même protéine de la myéline (PMP22) qui est impliquée dans ces deux maladies. La neuropathie héréditaire est le plus souvent associée à une disparition (délétion) des informations génétiques codant pour PMP22 sur un des deux chromosomes alors que ces informations sont, au contraire, dupliquées dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type CMT1A. Ainsi les malades atteints de neuropathie tomaculaire produisent moins de PMP22 que la normale alors que ceux atteints de CMT1A en produisent plus.